« Je suis, tu es, nous serons… »

Je suis un étranger. J’arrive dans un pays inconnu pour moi : la France.
Dans le pays d’où je viens il fait chaud. Ici, je connais pour la première fois la neige. Je grelotte de froid malgré plusieurs couches de vêtements.
Dans mon pays j’avais plein d’amis, une famille. Ici, je suis seul.

Là-bas, malgré mes diplômes, je ne trouvais pas de travail. La plupart des jeunes étaient au chômage comme moi.
Attendre, se résigner à mener une vie terne et sans espoir ? Non !
En Europe, il y a du travail, de l’espoir. Je pourrais envoyer de l’argent à ma famille ! Alors, même si les passeurs demandaient des sommes exorbitantes, même si je risquais ma vie, j’étais prêt à tout tenter plutôt que de rester ici.
Par chance, le bateau n’a pas chaviré et je n’ai pas été refoulé à la frontière.
Après bien des péripéties, me voici enfin dans le pays des droits de l’homme.

Tu es mon voisin de palier. Tu as toujours vécu ici. Ta famille habite cette ville depuis plusieurs générations. Tu as un travail, une famille, des amis. Tu es jeune, comme moi. Pourtant c’est à peine si tu me regardes quand nous nous croisons dans le hall de l’immeuble. Indifférence ou évitement ? Je ne saurais dire. De tous mes voisins, tu n’es pas le pire. N’ai-je pas surpris quelques réflexions à mon sujet ? : « Il est bien basané ! », « Que fait-il ici ? Qu’il retourne dans son pays ! ». Pour eux, je ne suis pas Mohamed leur nouveau voisin, je suis l’arabe du troisième !

J’ai trouvé un emploi à l’hôpital. Hasard de la vie, mon voisin y travaille aussi. Nous sommes médecins tous les deux. Nous nous sommes enfin découverts et appréciés, chacun apportant son expérience et ses compétences au service des malades. Sans aucune discrimination, suivant le serment d’Hippocrate.

Désormais, nous sommes amis et l’attitude des autres voisins a bien changé. Leurs sourires me confirment dans leur acceptation. Je ne suis plus l’étranger dont on se méfie, je suis l’un des leurs. Peu importe la couleur de peau, peu importe le pays d’où l’on vient. Ce qui importe c’est d’accepter l’autre dans toutes ses différences mais aussi toute sa richesse. L’autre, un être humain comme moi.

Auteur : Noisette

2 commentaires sur “« Je suis, tu es, nous serons… »

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